
Ce vendredi 30 mai 2025, le ministère de la Santé et de l’Action sociale, à travers le Programme national de lutte contre le tabac, a organisé une cérémonie de célébration de la Journée mondiale sans tabac.
Le thème de cette édition est : « Produits du tabac et à base de nicotine : démasquons les tactiques de réduction de l’industrie du tabac ».
Selon l’OMS, 8 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées au tabac dans le monde. On estime également que 37 millions d’enfants âgés de 13 à 15 ans consomment actuellement du tabac. Dans la région africaine, le tabagisme touche 11,1 % des garçons et 7,2 % des filles.
La cérémonie s’est tenue dans la salle Dr Abdoulaye Ly du MSAS, sous la présidence de Dr Samba Cor Sarr, directeur de cabinet du ministre, et en présence de plusieurs partenaires et acteurs, notamment la vice-présidente de la Commission Santé de l’Assemblée nationale, Madame Awa Seck ; le représentant de l’OMS, Dr Aloyse Diouf ; le représentant du ministère de l’Éducation nationale ; le représentant du ministère de l’Industrie et du Commerce ; ainsi que des membres de la société civile et d’autres partenaires du Programme national de lutte contre le tabac.
Cette célébration met en évidence les dangers du tabagisme, qui a de graves conséquences sur la santé. Il constitue l’une des principales causes de décès évitables dans le monde (8 millions de décès par an, selon l’OMS) et provoque de nombreuses maladies.
Selon la vice-présidente de la Commission santé de l’Assemblée nationale, bien que le Sénégal ait franchi une étape importante avec la loi anti-tabac du 28 mars 2014, il est aujourd’hui évident que l’émergence de nouveaux produits du tabac pose problème : cigarettes électroniques, tabac chauffé, produits présentés comme moins nocifs en ligne sans régulation, accessibles même aux enfants. Elle dénonce fermement cette situation et appelle à voter une loi pour exercer un contrôle sur ces usages. Ainsi, elle s’engage à soutenir le projet de révision de la loi anti-tabac.
Quant à Monsieur Baba Adama Sy, représentant de la société civile, il affirme que ce que l’État du Sénégal gagne en fiscalité sur le tabac est très minime comparé à ce qu’il dépense pour la prise en charge des victimes du tabac. Il ajoute que l’État perd énormément de ressources à soigner des maladies qu’il aurait pu prévenir.
Le représentant de l’OMS a tenu à féliciter le ministre de la Santé et de l’Action sociale ainsi que le gouvernement du Sénégal pour leur travail remarquable face à ce fléau. Il estime que si l’on ne réagit pas, l’ampleur du problème va s’aggraver, en particulier chez les jeunes.
Thierno Gaye, représentant du ministère du Commerce et de l’Industrie, rappelle que toute forme de publicité, directe ou indirecte, en faveur du tabac est interdite. En outre, il signale que, pour lutter contre le commerce illicite des produits du tabac, un système de suivi et de traçabilité a été mis en place.
Dr Aliou Dia, représentant du ministère de l’Éducation nationale, souligne que le ministre de l’Éducation nationale a récemment renforcé les mesures contre l’usage du tabac en milieu scolaire. Ainsi, le 17 mars 2025, une circulaire rappelant l’interdiction stricte de fumer dans les établissements scolaires, conformément à la loi n° 2014-14 du 28 mars 2014, a été publiée.
Dr Samba Cor Sarr, directeur de cabinet du ministre de la Santé et de l’Action sociale, rappelle que l’industrie du tabac reste un acteur extrêmement puissant, malgré les avancées dans la lutte contre ce fléau. Il lance un appel solennel à tous les acteurs engagés dans la lutte anti-tabac pour faire face aux stratégies innovantes, parfois difficilement détectables, qui mettent en péril l’avenir de notre jeunesse.
Il suggère qu’une loi permettant de barrer la route aux stratégies de contournement soit votée.
Enfin, il interpelle la presse afin qu’elle soutienne les politiques de santé et contribue à un environnement plus sain en participant davantage à la sensibilisation de l’opinion publique. Dr Sarr souligne également le rôle crucial de la famille, car c’est souvent dans le foyer que se forment les premières attitudes face au tabagisme.
