Actualités - Pr Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann : « Le paludisme doit plus hanter notre sommeil que la dengue »

Le Soleil : Le Pr Moussa Seydi, chef du Service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann, a expliqué que le paludisme doit plus concentrer les efforts que la dernière épidémie de dengue. Il s’exprimait lors de l’ouverture du 6ème co

Le chef du Service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann, le Pr Moussa Seydi, a affirmé que le paludisme doit plus hanter le sommeil des autorités médicales que la dengue. A l’occasion du 6ème congrès de la Société africaine de pathologie infectieuse (Sapi), jumelé au premier congrès de la Société sénégalaise de pathologie infectieuse et tropicale (Sosepit), qui s’est ouvert, le 9 novembre 2017, à Dakar, il a demandé de ne pas céder face à la panique sur la dengue. « Nous ne devons pas céder face une panique injustifiée sur la dengue. Les chiffres actuels prouvent que le paludisme cause plus de problèmes dans le monde et au Sénégal. Dans le monde, on estime qu’il y a 96 millions de cas de dengue symptomatique et entre 10.000 et 16.000 cas de décès liés à cette maladie », a-t-il informé. En donnant ces chiffres, le chef du Service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann ajoute qu’en 2017 des épidémies de dengue ont été signalées dans notre sous-région avec 923 cas suspects, dont 2 décès en Côte d’ivoire, 510 cas suspects et zéro décès au Sénégal.

« Concernant le paludisme, en 2016, dans le monde, 212 millions de cas de paludisme ont été notifiés. Soit 78 millions de cas de plus que la dengue symptomatique. Ces 212 millions de cas de paludisme ont causé la mort de 429.000 personnes. Donc, 17 à 34 fois le nombre de personnes tuées par la dengue. Au Sénégal, en 2015, 492.250 cas de paludisme ont été notifiés, dont 526 décès », a ajouté M. Seydi.

Avec ces chiffres, il a estimé que le paludisme doit plus hanter notre sommeil que la dengue. Et à son avis, « lutter contre la dengue est tout de moins une urgence fondamentale, même si elle cause moins de décès que le paludisme ».

Le 6ème congrès de la Société africaine de pathologie infectieuse (Sapi), jumelé au premier congrès de la Société sénégalaise de pathologie infectieuse et tropicale (Sosepit), se tient sous le thème « Infections à Vih, hépatites virales et maladies non transmissibles : quels liens ? » Cette rencontre va servir de cadre d’échanges entre différentes spécialités médicales et sera l’occasion de présentations plénières et de communications orales sur des aspects relatifs aux sujets choisis.

Selon le Pr Seydi, les maladies infectieuses ont toujours constitué une préoccupation majeure. Leur caractère transmissible, avec risque d’épidémies, en a fait des problèmes majeurs de santé publique. « Les liens sont connus depuis fort longtemps et se consolident dans le temps. D’une part, les maladies non transmissibles comme le diabète et le cancer peuvent faire le nid d’infections très graves, d’autre part, les maladies infectieuses sont à l’origine de certaines maladies non transmissibles qui causent des problèmes de santé publique », a-t-il souligné.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les maladies non transmissibles sont aussi des problématiques importantes et croissantes en Afrique subsaharienne : affections cardio-vasculaires, endocrino-métaboliques, tumorales et respiratoires favorisées, en partie, par le mode de vie et les comportements. Ces maladies sont responsables de 36 millions de décès par an, dont 80 % dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

 

 

   MSAS, Ministère de la Santé et de l'Action Sociale du Sénégal