Actualités - Sida : l’ANCS mise sur l’outil de plaidoyer LILO pour l’accès des groupes clés aux services de santé

APS : L’Alliance nationale des communautés pour la santé (ANCS) dit miser sur l’outil de plaidoyer "LILO’’ (Link in Link out) pour l’accès des groupes clés aux services de santé dans le cadre de la lutte contre le VIH/sida.

L’approche "LILO’’ aide à ‘’mieux comprendre les populations clés les plus infectés au VIH, de mieux les connaître et de savoir les comportements et les liens avec eux et la nature des relations complexes que ces groupes clés entretiennent avec la population générale’’.

C’est la conviction du directeur technique de l’Alliance nationale des communautés pour la santé, Massogui Thiandoum, qui s’exprimait en marge d’une session de formation dédiée aux journalistes et centrée sur cet outil de plaidoyer, organisée mardi à Dakar à l’initiative de l’ANCS.

Il a expliqué que ‘’les discriminations et stigmatisations auxquelles ces groupes sont très souvent confrontées constituent des obstacles majeurs à l’accès de ces populations aux services de santé qui leur sont destinés’’.

C’est dans ce cadre, que l’ANCS organise des sessions de formation avec l’outil de plaidoyer LILO à l’intention des journalistes, pour les amener à se familiariser avec les concepts et expériences des populations au-delà des statistiques.

L’idée est ‘’d’approfondir la compréhension des journalistes sur la problématique des populations clés, notamment les professionnels du sexe et les usagers de drogue pour une offre de services conviviale dans les services de santé’’, selon Thiandoum.

‘’Une bonne compréhension des populations clés permet de savoir comment travailler avec eux, leurs spécificités pour faire en sorte de les prendre en charge dans le cadre des interventions et des stratégies menées dans le cadre de la lutte contre le VIH/sida’’, a-t-il souligné

L’outil de plaidoyer a été développé par l’Alliance internationale qui regroupe des organisations communautaires africaines, européennes et d’Amérique du Sud. 

L’ANCS s’emploie aujourd’hui à vulgariser cet outil dans l’optique de l’atteinte des objectifs des ‘’trois 90’’ d’ici 2020 dans la lutte contre le Vih. Il s’agit de dépister 90% des personnes vivant avec le Vih, de mettre 90% sous traitement et d’arriver à ce que 90% aient un taux de contamination nul.

Au Sénégal, a rappelé M. Thiandoum, les efforts accomplis ont conduit à des résultats importants, notamment une prévalence stable de 0,7% au sein de la population générale et une baisse de 50% des nouvelles infections ces dix dernières années .

Toutefois, la prévalence reste élevée au sein des groupes clés, en particulier les plus exposés, dont les travailleuses du sexe (18,5%) les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (17,5%) et les utilisateurs de drogue injectable (9,4%).

‘’Les populations clés constituent aujourd’hui le plus grand paradoxe le plus criant de la lutte contre le VIH/sida. Alors qu’elles sont plus massivement touchées par la maladie, leur accès aux services de prévention et de prise en charge est plus faible’’, selon l’ANCS.

C’est pourquoi, dans un souci ‘’d’apporter une réponse efficace à cette épidémie, l’ANCS compte développer, avec des partenaires, des programmes d’amélioration de l’environnement de la prise en charge des groupes vulnérables en particulier’’, dont l’outil de plaidoyer LILO.

Ces programmes permettent à ces populations cibles d’accéder aux services de prévention, de traitement, de soin et soutien sans stigmatisation ni discrimination. Une quinzaine de journalistes spécialisés en santé participe à cet atelier de formation qui prend fin mercredi.

 

 

   MSAS, Ministère de la Santé et de l'Action Sociale du Sénégal