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Le Soleil : Santé : La fixation des sages-femmes dans des zones reculées à l’étude

L’équité dans la répartition des sages-femmes a été au centre des interventions lors de la célébration de leur journée internationale. Les intervenants ont plaidé pour la fixation de ces professionnelles dans les zones reculées.

Les disparités en termes de répartition des agents de santé persistent au Sénégal. Des régions comme Kédougou, Kolda ou Matam souffrent d’insuffisance de professionnelles chargées d’assister les femmes enceintes lors des accouchements. Une étude présentée, hier, lors de la Journée internationale des sages-femmes, indique que la fidélisation de ces agents de santé dans des zones reculées va se poser avec acuité.

« Il nous appartient, nous sages-femmes, avec loyauté, d’aider le gouvernement à combler le déficit dans les zones peu desservies, en acceptant d’aller servir là où nous sommes affectées », a plaidé la présidente de l’Association des sages-femmes, Marième Fall. La fixation de ces professionnelles reste une préoccupation, car en dépit des recrutements, les zones reculées continuent de trainer un déficit en sages-femmes. « Il ne suffit pas de recruter et d’affecter des sages-femmes en milieu rural, mais il faut aussi les fidéliser et les maintenir », a défendu la représentante-résidente du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), Andrea Wojnar Diagne.

Elle a versé dans le compte des sages-femmes la contribution à l’amélioration du taux de contraception qui est passé de 12 % à 20 % en 2014.

Venu représenter le ministre, Bocar Daff, de la direction de la Santé de la reproduction et de la Survie de l’enfant, a remis sur la table la nécessité de renouveler les connaissances pour des personnes chargées de soigner des malades. « La formation demeure un important déterminant. Il nous faut réaliser une formation de nos ressources humaines sur une base des pratiques normées, pour améliorer l’offre de services. La réactualisation des connaissances est nécessaire pour bien agir », a-t-il insisté. En réalité, les pays n’ont rien à perdre en consacrant des investissements pour le recrutement de ces professionnelles et leur formation. Selon une étude réalisée dans 73 Etats et portant « Sur l’état de la pratique de la sage-femme », le retour sur investissement est réel. « Lorsque l’on investit sur les sages-femmes, il est possible d’éviter 2/3 des décès maternels et néonataux, et cela rapporte plus de 16 % des moyens qui ont été mobilisés », a rapporté un des présentateurs de l’étude.

Certains intervenants ont salué l’amélioration des indicateurs au Sénégal où le taux de mortalité maternelle et néonatale continue de baisser. Au justement, une étude indique que le risque de mourir pendant la grossesse et durant l’accouchement est de 1/46 en 2015 alors que ce ratio était très élevé dans les décennies précédentes. A cela s’ajoute le fait que 96 % des femmes enceintes ont été au moins consultées par un professionnel alors que 77 % des naissances sont effectuées dans des structures de santé. Dès lors, Mme Fall n’a pas manqué de saluer la place centrale occupée par leur profession dans la lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile au Sénégal.



 

   MSAS, Ministère de la Santé et de l'Action Sociale du Sénégal