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Revue de presse quotidienne du mercredi 20 janvier 2016

Le Soleil : Diamniadio : L’hôpital qui donne de l’espoir aux enfants

Inauguré en janvier 2014 par le président de la République, Macky Sall, l’Hôpital pour enfants de Diamniadio (Hed) a accueilli 64.874 patients en 2015. Malgré la faiblesse de son budget, la directrice générale, Dr Fatou Mbaye Sylla Fall, compte aller plus loin cette année en améliorant la qualité de l’offre, notamment avec le démarrage du service scanner et la table télécommandée.

Ce mercredi 13 janvier 2016, un vigile filtre les entrées devant l’Hôpital pour enfants de Diamniadio (Hed). Deux grands réservoirs sont posés près du bâtiment du service accueil pour le lavage des mains des visiteurs. Dans cet hôpital de niveau trois, exclusivement dédié aux enfants de 0 à 15 ans, la propreté est de mise. C’est ce qui frappe en premier le visiteur. Aucune odeur, ni ordures dans les différents compartiments de l’édifice qui a été inauguré en janvier 2014 par le président Macky Sall et l’ambassadeur de Chine d’alors. Le service de nettoiement veille au grain, sous la houlette du Dr Fatou Mbaye Sylla Fall, la directrice générale de l’hôpital. Elle fait des descentes régulières dans tous les services pour voir si les agents de nettoiement font bien leur travail, mais également si les normes d’hygiène et de propreté sont respectées par ses agents. «Il faut nettoyer. Les agents doivent à leur tour respecter les normes d’hygiène. Ce n’est pas facile, mais je tiens à la propreté de l’établissement», confie-t-elle.  Depuis le démarrage de ses activités en août 2012, l’hôpital accueille de plus en plus de patients. Le nombre de consultations est passé de 542 en 2012 à 34.416 en 2015. Si l’on tient compte de toutes les activités (consultations, hospitalisations, analyses médicales, radiologie), ce sont près 918 personnes qui ont sollicité les services de l’hôpital en 2012 contre 64.874 en 2015. La directrice générale  promet le triplement de ce nombre en 2016 grâce à l’amélioration de l’offre et à la qualité des soins.

Le bloc opératoire est déjà mis en marche. Il est ainsi prévu le démarrage du service scanner et de la table télécommandée. L’exploration fonctionnelle ne sera pas en reste. A terme, Mme Fall veut que cette structure hospitalière, fruit de la coopération sénégalo-chinoise, puisse avoir toutes les offres de services.

Pour le moment, elle dispose des spécialités suivantes : la pédiatrie, la dermatologie, la cardiologie, la néphrologie, la néonatologie et la neurologie. Pour les spécialités chirurgicales, il y a l’Orl, la chirurgie pédiatrique, l’ophtalmologie, la chirurgie réparatrice et l’odontologie. Il y a également la kinésithérapie et un psychologue conseiller. Par ailleurs, un pôle mère-enfant (une recommandation du chef de l’Etat lors de l’inauguration) sera bientôt installé grâce à l’appui financier de la coopération chinoise. Les travaux devront démarrer cette année.

Ouvert il y a quatre ans, l’hôpital de Diamniadio reçoit maintenant des patients venus de toutes les régions. « Au début, l’accès était difficile. On ne recevait que les populations riveraines. Après, nous avons commencé à recevoir des patients de Rufisque. Maintenant, en plus de celles de la région de Dakar, il y en a qui nous viennent des autres régions », explique Mme Fall. Elle soutient que l’accès est l’un des problèmes, puisque la structure n’est desservie que par deux lignes de transport.

LES PREMIERS MOTIFS DE CONSULTATION

Les infections constituent les premiers motifs de consultation. Il y a également les pathologies métaboliques sans oublier les pathologies chirurgicales. Le paludisme, souligne Mme Fall, a régressé. Il y a quelques cas de Vih, mais la directrice soutient que la prise en charge n’est pas effective pour le moment. A l’image de nombreuses structures hospitalières, l’Hôpital d’enfants de Diamniadio est confrontée à un certain nombre de problèmes. Le budget qui tourne autour de 147 millions de FCfa est jugé faible par la directrice générale. L’insuffisance des ressources humaines est une autre difficulté. «Nous rencontrons beaucoup de difficultés aux urgences en néonatologie. Le service ne dispose que de 18 lits. C’est insuffisant par rapport à la forte demande », regrette Mme Fall.

Pour faire face aux difficultés, la direction cherche à nouer des partenariats. Dans ce cadre, il est prévu de mutualiser les efforts avec l’hôpital d’enfants Albert Royer de Fann. « Avec l’hôpital Albert Royer, nous pouvons nous compléter. Nous sommes dans la réflexion pour voir comment mutualiser nos ressources humaines », a-t-elle confié, soulignant que des partenaires comme Teylium commencent à se manifester.

ACCUEIL ET OFFRE DE SERVICES : DES PARENTS D’ENFANTS HOSPITALISÉS DÉLIVRENT UN SATISFÉCIT

Beaucoup de parents saluent la qualité de l’offre et l’accueil à l’hôpital de Diamniadio. Rencontrée à l’unité de néonatologie, Mame Diarra qui vient de Rufisque ne tarit pas d’éloges à l’endroit du corps médical. « Mon bébé se trouve à l’unité de néonatologie depuis lundi dernier. Les agents sont vraiment disponibles, disciplinés et déterminés à prodiguer des soins de qualité à mon enfant. La qualité de l’accueil est irréprochable », s’est-elle félicitée.

Venue de Keur Ndiaye Lô, dans le département de Rufisque, Salimata Sao abonde dans le même sens. Son enfant est suivi dans cette unité de néonatologie depuis le 14 décembre dernier. «Ici, il y a de bons professionnels. C’est propre. C’est très différent des autres structures sanitaires», a déclaré Mme Sao qui a accouché de jumeaux à Rufisque, mais a perdu l’un d’eux. «J’avais amené mon enfant à Albert Royer, mais il n’y avait pas de place. C’est après qu’on m’a référé ici. J’avoue que je suis vraiment séduite par la qualité des services offerts », note Safiatou Traoré venue de Pikine Guinaw Rails.

Plaidoyer pour la baisse  des tarifs

Saluant la qualité des prestations offertes, ces dames déplorent tout de même la cherté des tarifs, surtout à l’unité de néonatologie. «Je dois payer chaque nuit 10.000 FCfa pour les soins de mon bébé. Ce qui est trop élevé pour une ménagère comme moi », regrette Salimata Sao. Elle demande la réduction des tarifs à l’unité de néonatologie. «Les tarifs sont élevés. Il faut penser à les diminuer ».

Mon mari est infirmier, mais il n’a pas pour le moment intégré la fonction publique », plaide à son tour Safiatou Traoré. «Mon bébé souffrait d’une infection pulmonaire il y a quelques mois. Maintenant, il est guéri. Je remercie le personnel médical. Mais le coût des soins est élevé», renchérit Diarra Fall qui n’a pas pu bénéficier d’une prise en charge.

DR NDIEME NDIAYE, RESPONSABLE DE L’UNITE DE NEONATOLOGIE : « NOUS SOMMES CONFRONTÉS À UNE INSUFFISANCE DE PERSONNEL »

L’unité de néonatologie qui a accueilli 298 bébés en une année d’activité est confrontée à un manque de personnel. «L’unité est ouverte il y a un an. Elle accueille des prématurés qui sont âgés de zéro à un mois. Les nouveau-nés demandent une surveillance accrue. Il faut beaucoup de personnels», a confié Dr Ndiémé Ndiaye, responsable de l’unité de néonatologie. Elle a ajouté que son service fait face à l’insuffisance de personnel.

Sur la cherté des hospitalisations, elle a précisé que les tarifs appliqués sont de loin inférieurs comparés aux autres hôpitaux. «10.000 FCfa, c’est rien si l’on tient compte des besoins d’un bébé et aux prix pratiqués dans certains hôpitaux où il faut payer près de 50.000 FCfa par jour», a précisé Dr Ndiaye. Elle reconnaît que la plupart des patients de l’unité sont des défavorisés. Mais même si le malade ne paie pas, on le laisse sortir tranquillement. «Il arrive qu’un malade sorte de l’hôpital avec une facture de 500.000 FCfa. On s’est organisé pour que même s’il n’est pas en mesure de payer, on le laisse partir. Mais il doit s’engager à payer », a-t-elle informé, précisant qu’un malade solvable est une exception à l’hôpital d’enfants.

Selon la directrice générale, les tarifs sont homologués à l’hôpital de Diamniadio. Le coût d’une consultation est de 3.000 FCfa contre 5.000 FCfa pour les spécialités. L’Hed développe également des activités d’enseignement et de recherches en partenariat avec les universités de Dakar et de Thiès.

Le Soleil : Secteur de la santé : Plaidoyer pour un Partenariat public-privé fort

Le secteur privé de la santé participe à hauteur de plus de 50% dans l’offre de soins. D’où la nécessité d’instaurer un Partenariat public-privé (Ppp) fort dans le domaine de la Santé.

En Afrique, le privé est le pourvoyeur de la majorité des biens et services du secteur de la santé, souligne Birama Fall, chargé du Partenariat public-privé (Ppp) de la Banque mondiale. Il se base sur une étude de « Business of health in Africa ». Les taux se situent entre 50% et 60%. Ce qui lui fait dire que la prise en compte du privé dans le secteur de la santé est non seulement une nécessité, mais aussi une urgence, si le continent africain veut atteindre les Objectifs du développement durable (Odd). Dans ce cadre, relève le Dr Ardo Boubou Bâ, président de l’Alliance du secteur privé de la santé (Asps), le privé représente 50% des offres de la santé.

Cependant, ce secteur peine à s’intégrer dans la politique de santé. Une raison suffisante pour que le Dr Bâ invite les autorités à prendre en compte les activités du secteur privé de la santé. Le président de cette alliance s’exprimait, samedi dernier, lors de leur première assemblée générale extraordinaire. Laquelle marque le démarrage officiel des activités de l’Asps qui regroupe l’Association des gérants d’Institutions de prévoyance maladie (Ipm), la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurance et le secteur privé de la santé.

D’ailleurs, concernant cette offre, le président de l’Asps, Dr Ardo Boubou Bâ, déclare que le secteur privé a tout ce qu’il faut pour assurer des soins de qualité. Le secteur privé compte, selon lui, 1.013  officines de pharmacie et 6 grossistes répartiteurs, 210 cabinets dentaires, plus de 600 cabinets médicaux. « Ces structures couvrent toutes les spécialités reparties sur l’ensemble du pays », a-t-il fait savoir, relevant que le secteur privé de la santé abrite 12 cabinets d’imagerie médicale dont 10 scanners, 4 Irm dont 2 sont ouverts 24h/24h.

Pour arriver à un Partenariat public-privé dans le domaine de la santé, il estime qu’il est impératif d’instaurer un dialogue public-privé. « Nous nous sommes donnés comme mission de fédérer tout le secteur privé de la santé et de servir de cadre de concertation à tous les acteurs, de mener des plaidoyers en direction du secteur public et des différents partenaires pour optimiser notre contribution », a expliqué Dr Ardo Boubou Bâ qui a reconnu que l’accès au financement reste une préoccupation majeure pour les acteurs du secteur privé.

Pour le directeur de cabinet du ministre de la Santé et de l’Action sociale, Dr Farba Lamine Sall, la croissance du secteur privé au Sénégal arrive à un stade lui permettant d’envisager l’opportunité de concentrer davantage de ressources sur l’identification des défis. Il a indiqué qu’un certain nombre de constats sont faits et méritent d’être partagés par l’ensemble des acteurs. Il s’agit, d’après M. Sall, de l’importance grandissante du rôle du secteur privé de la santé dans l’offre des soins au Sénégal.

Farba Lamine Sall a fait un plaidoyer pour le renforcement de la place et du rôle du secteur privé dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des politiques socio-sanitaires et de promotion du bien-être de la population. « Le Partenariat public-privé mérite d’être soutenu et accompagné », déclare-t-il. Birma Fall indique que la Banque mondiale va apporter l’appui nécessaire au secteur privé de la santé ainsi qu’au ministère de la Santé pour le développement d’un Ppp véritable.

 



 

   MSAS, Ministère de la Santé et de l'Action Sociale du Sénégal