Transmission Vih mère-enfant : 78 naissances sans infection à Principal


Le Quotidien : L’hôpital Principal a réussi le pari : Depuis 14 ans, 83 femmes vivant avec le Vih/Sida ont donné naissance à 78 nouveau-nés. Tous ces enfants ont été sains et saufs et ont présenté 0% de transmission du Vih/Sida. Une prouesse, mais aussi un espoir qui démontre qu’il est possible d’éliminer la Pte d’ici à l’horizon 2020.

L’élimination de la transmission mère-enfant du Vih/Sida est devenue une réalité à l’hôpital Principal de Dakar. Le suivi de 83 femmes gestantes vivant avec le Vih/Sida sur une période de 14 ans a permis la naissance de 78 enfants. «Des enfants nés de ces grossesses avec zéro transmission du Vih/Sida», révèle le Professeur Khadidiatou Ba Fall qui a présenté le programme Elimination transmission mère-enfant devant le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, en visite à l’hôpital Principal de Dakar. «Un espoir», mais aussi un exemple «éclatant» qu’il faut partager avec le reste du monde, se réjouit le directeur exécutif de l’Onusida. Pour Michel Sidibé, l’hôpital a démontré que la vision zéro nouvelle infection chez les nouveau-nés est bien possible alors qu’elle semblait être du domaine des rêves il y a quelques années. Dr Safiétou Thiam, prenant la parole, soutient que ces résultats vont accroître la remobilisation et l’engagement de tous les acteurs dans la lutte.
Une bonne nouvelle pour les personnes vivant avec le Vih/Sida et plus particulièrement pour les femmes. Astou Diop est l’une d’elles. Elle fait partie de cette réussite de l’hôpital Principal de Dakar sur l’élimination de la transmission mère-enfant et a tenu a partagé son expérience. «En 2002, j’ai eu mon enfant ici dans cette hôpital et j’ai été suivi par un gynécologue. Mon enfant a été suivi par un pédiatre qui à la fin m’a annoncé le statut sérologique de mon bébé qui était négatif», témoigne-t-elle émue. Pour elle, l’hôpital Principal a relevé un grand défi dans la lutte pour l’élimination de la transmission du couple mère-enfant.
Un défi relevé grâce à un «leadership», «un engagement», une «rigueur» et une «organisation dans le travail», selon Michel Sidibé qui loue le sérieux du personnel de cette structure hospitalière. Le processus a commencé en juillet 2000 par une équipe multidisciplinaire constituée de l’infectiologue, du gynécologue, du pédiatre, du biologiste et du pharmacien jusqu’à juin 2014. Ce qui fait dire au directeur exécutif de l’Onusida qu’avec une synergie entre les différents acteurs et un leadership on peut atteindre les objectifs.
Tout de même, il faut dire qu’il reste des défis à relever, notamment l’hospitalisation des nouveau-nés qui est très cher, mais aussi le suivi difficile de ces enfants. Le Professeur Kha­didiatou Ba Fall a également lancé un appel à l’Onusida. Elle veut une disponibilité de nouvelles molécules car, souligne-t-elle, une certaine résistance aux traitements est notées. «Nos malades sont sous Arv depuis 17 ans et nous invitons l’Onusida à disposer de ces molécules comme dans les pays européens, car les malades sont en Afrique», plaide-t-elle.
A sa suite, Astou Diop a également porté un plaidoyer, mais cette fois-ci à l’endroit des autorités nationales pour une disponibilité des antirétroviraux et des réactifs pour un diagnostic très tôt des femmes enceintes pour pouvoir les prendre en charge afin d’éviter la transmission mère-enfant.

 

 

   MSAS, Ministère de la Santé et de l'Action Sociale du Sénégal