Hôpital psychiatrique de Thiaroye : La dépression, 4ème cause de soins


Le Quotidien : L’Association des femmes du ministère de la Santé et de l’action sociale a célébré hier la Journée mondiale de la santé. Une occasion pour ces femmes de parler de la dépression. Cette maladie considérée comme une pathologie occidentale touche beaucoup de personnes au Sénégal et constitue le 4ème motif de consultation à l’Hôpital psychiatrique de Thiaroye.

Près de 30 millions de personnes souffrent de dépression en Afrique. Un chiffre avancé par le représentant résidend de l’Oms au Sénégal, Dr Déo Nshi­mirimana. Pour dire que toutes les personnes sont exposées au risque de cette maladie. «Elle touche les personnes de tous les âges, de tous les horizons dans tous les pays», soutient le représentant de l’Oms ; d’où le thème de la célébration de la Journée mondiale de la santé : «La dépression, parlons-en». Pour le ministre de la Santé et de l’action sociale, il faut en parler pour attirer l’attention sur la charge mondiale due à ce trouble mental courant. Il faut en parler pour conseiller et soutenir les personnes affectées qui souvent souffrent en silence.
Au Sénégal, la maladie existe réellement puisqu’elle constitue le quatrième motif de consultation à l’Hôpital psychiatrique de Thiaroye, selon Awa Marie Coll Seck. Le ministre de la Santé et de l’action sociale a d’ailleurs profité de cette tribune pour lancer un appel à l’Oms pour un soutien accru au développement d’un Programme national de santé mentale. Elle s’est engagée aussi à faire un plaidoyer auprès du chef de l’Etat, car estimant que la part de budget alloué à la santé mentale est très faible dans notre pays.

Budget de la santé mentale très faible

Comment se manifeste la dépression ? D’après le Professeur Sylla qui a fait une conférence sur cette maladie, elle se manifeste par une tristesse persistante, une fatigue générale, une insomnie. Un manque d’intérêt pour les choses que l’on aime. La personne dépressive néglige son apparence et n’a envie de rien. Il faut donc une prise en charge rapide de la personne affectée pour lui éviter le drame du suicide ou d’autres complications. Awa Marie Coll Seck recommande pour sa part une vigilance. «Cette maladie, c’est comme une urgence ou un accident. Ça peut arriver à tout le monde bien qu’elle n’est pas bien connue au Sénégal», note-t-elle. Certaines personnes ont longtemps pensé qu’elle touche uniquement les Blancs, selon les explications du psychiatre. D’ailleurs, un guide de prise en charge de la santé mentale à tous les niveaux de la pyramide sanitaire a été élaboré pour améliorer le traitement.
Les facteurs favorisant la dépression sont souvent la survenue d’un évènement douloureux, comme la perte d’un être proche, ou bien la violence comme les guerres, les génocides, ou une situation de pauvreté extrême, l’abus de l’alcool ou de la drogue etc. Pour la prévention, le Professeur Aïda Sylla recommande un suivi assez particulier des femmes enceintes, surtout durant la première grossesse. La femme ménopausée ou le travailleur qui doit incessamment partir à la retraite devront être surveillés de près. La psychiatre conseille aussi à la population une bonne organisation de la vie. Pour elle, le travail est primordial, mais il faut aménager des plages de divertissement, dormir suffisamment et sans oublier une alimentation équilibrée.

 

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   MSAS, Ministère de la Santé et de l'Action Sociale du Sénégal