Santé des femmes : Des initiatives pour lutter contre les décès maternels à Tambacounda


Le Soleil : La région médicale de Tambacounda, en partenariat avec l’administration centrale, a initié des activités visant à réduire la mortalité maternelle. Car il urge de faire face à l’hémorragie, l’hypertension artérielle et l’anémie, les trois causes principales de mortalité maternelle à Tambacounda.

Lors des Journées régionales de la santé et de l’action sociale, le médecin-chef de la région médicale de Tambacounda, Dr Habibou Ndiaye, a présenté la situation sanitaire, fait des recommandations et annoncé les mesures envisagées pour réduire le nombre de décès maternels. Pour lui, il s’agira de « mettre en place un paquet de prestations en termes de vaccination, de suivi nutritionnel et de consultations prénatales ». Le taux de mortalité maternelle est très élevé dans cette partie du Sénégal. Rien qu’en 2016, a-t-il révélé, 117 cas de décès maternels ont été enregistrés, dont les 72 à l’hôpital régional de Tambacounda.

« On ne doit pas dépasser 15 décès maternels par trimestre. C’est très ambitieux, mais possible », a-t-il déclaré, invitant à lutter contre les trois principales causes de décès maternels : l’hémorragie, l’hypertension artérielle et l’anémie. « Le tiers des femmes que nous perdons à l’hôpital régional est dû à un problème de sang », a-t-il relevé, ajoutant que depuis le mois de décembre, grâce au Comité régional de promotion du don de sang, l’hôpital n’a plus de problème de sang.

Le médecin-chef de région qui a annoncé la construction d’un centre de transfusion sanguine a appelé les Comités de veille et d’alerte, coordonnés par les délégués de quartier, les chefs de village, les imams, les « Bajenu Gox » (marraines de quartier) et les tradipraticiens, à faire « un travail régulier d’identification et de recensement des femmes enceintes ». Cela permettra de « les convoyer, en collaboration avec les autorités administratives, vers les structures sanitaires », a relevé le Dr Ndiaye, informant de la mise en place de « maisons d’accueil dans les centres de santé et dans certains postes de santé, à l’image de ce qui se fait à Kaffrine, Koungheul et Kolda, pour que les femmes puissent accoucher sans risque ». A son avis, « l’idée est de faire venir les femmes à terme, peu avant la délivrance, pour éviter qu’elles ne viennent en urgence et parcourent de longues distances, au risque de perdre la vie en cours de route ». Sur la surveillance des décès maternels, un comité technique restreint, mis sur pied depuis deux ans, suit la situation, fait des comptes-rendus aux médecins-chefs de districts et envoie des rapports au commandement territorial. Habibou Ndiaye a également souhaité l’augmentation de la subvention « régulièrement » accordée par l’État à l’hôpital régional. De même, il a invité les collectivités locales de Tambacounda à venir en appui aux structures de santé comme cela se fait dans les autres régions.

 

 

   MSAS, Ministère de la Santé et de l'Action Sociale du Sénégal