Recrudescence des maladies émergentes : Le Premier ministre préconise une collaboration interdisciplinaire


La crise d’Ebola a montré qu’aucun pays n’est suffisamment armé pour lutter contre une épidémie. C’est dans cette optique que le Premier ministre du Sénégal, qui présidait la cérémonie d’ouverture de la réunion technique sur l’approche « Une seule santé », a recommandé la collaboration interdisciplinaire entre les pays.

Le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne approuve l’approche holistique préconisée par les experts dans la lutte contre les zoonoses et les menaces de santé publique connexes. Le chef du gouvernement qui présidait, hier, la cérémonie d’ouverture des réunions technique et ministérielle a estimé que l’approche « Une seule santé » est une « question d’actualité, une exigence plus que nécessaire ». Aujourd’hui, il faut non seulement une collaboration multisectorielle au sein d’un pays, mais aussi entre les pays, pour mieux gérer ou prévenir les épisodes d’épidémies liées aux maladies émergentes et ré-émergentes.

« L’approche « Une seule santé » trouve toute sa justification et sa pertinence pour impulser la collaboration multisectorielle et transdisciplinaire au sein de nos pays, mais aussi entre nos pays, puisqu’au-delà du problème de santé publique qu’elles peuvent entraîner, les épidémies posent aussi un problème de sécurité publique pouvant entraver les déplacements des personnes et la sécurité des biens », relève le Premier ministre. D’autant plus qu’en Afrique les fièvres Ebola, de la Vallée du Rift et la grippe aviaire sont fréquentes.

« Les récentes épidémies avec leurs corolaires de victimes humaines et animales, leurs répercussions sociales et économiques auront fini de convaincre les plus sceptiques sur l’impérieuse nécessité de collaboration entre la santé humaine, animale et l’environnement pour apporter les réponses les plus efficaces », souligne le chef du gouvernement.

Actuellement, les conditions sont favorables à la dissémination des agents pathogènes et à la transmission des maladies du fait, d’une part, des perturbations des réservoirs de virus et, d’autre part, de la mobilité des personnes. Une épidémie déclarée dans un continent peut se retrouver dans un autre du jour au lendemain. « L’extension rapide des habitats humains ayant considérablement modifié la cartographie traditionnelle des contacts entre les hommes et les écosystèmes, on constate que les échanges de biens entre les régions du monde sont accrus, favorisant ainsi une intensité des déplacements humains et la diffusion rapide et large de divers agents infectieux à travers des pays et même des continents », justifie-t-il.

Pour sa part, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé animale (Oie), Karim Tounkara, démontre l’origine animale de plusieurs pathologies humaines. « 30 % des germes pathogènes biologiques causant des maladies émergentes sont zoonotiques. 80 % des germes pathogènes à usage pour le bioterrorisme sont d’origine animale. Avec ces défis, une nouvelle approche s’impose », suggère M. Tounkara.

A sa suite, le directeur de l’Organisation ouest africaine de la santé (Ooas), Xavier Crespin, demande aux Etats membres de la Cedeao d’accélérer la mise en place des institutions nationales de coordination en partant de l’existant.

L’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, James P. Zumwalt, affirme leur engagement à appuyer l’application des principes « Une seule santé » afin d’aider les pays à faire face, de manière efficace, aux épidémies de maladies émergentes. « Il est nécessaire que les différents secteurs et les organisations internationales travaillent ensemble pour faire face à ces menaces. Nous devons consolider nos efforts », indique-t-il.

La directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique, Dr Matshidiso Moeti, convie les différents services et les Etats à tirer les enseignements des épidémies comme la fièvre Ebola, la fièvre de la Vallée du Rift, etc.

 

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