LE CANCER DU SEIN : UN « TUEUR EN SERIE » DES FEMMES AFRICAINES


Message en provenance du Dr Jean Marie DANGOU, Conseiller Régionale pour la lutte contre le Cancer, NCD et du Dr Roland RIZET, Médecin Conseil Régional, HRM/GMC

 Le cancer fait de plus en plus de victimes en Afrique. Le cancer du sein est la première cause de mortalité par cancer chez la femme africaine et la troisième cause de mortalité par cancer en général dans le monde. Les victimes aux revenus faibles ou moyens, souffrent aussi bien du coût exorbitant des traitements de cette pathologie, que des souffrances physiques qu’elle engendre. Le cancer du sein est aujourd’hui assez bien connu par les spécialistes, qui, soucieux de ces conséquences, encouragent les mesures préventives, seuls moyens pour l’heure d’éviter les effets dévastateurs de cette maladie.

Le cancer du sein est une tumeur maligne caractérisée par une prolifération anormale des cellules. Cette prolifération de cellules conduit à la formation d’une « boule » dans le sein. La « boule » qui ne provoque aucune douleur au début, continue de grossir détruisant les tissus avoisinants et elle finit par produire à distance de tumeurs-filles appelées métastases. Il faut savoir qu’un cancer d’environ un centimètre de diamètre peut se développer pendant sept à huit ans sans être cliniquement décelable. C’est à ce stade de la maladie que les chances de guérison sont les plus fortes. Toutefois, lorsque le cancer atteint un certain degré d’évolution, il devient très difficile de le stopper et de le guérir. Attention, toute « boule » dans le sein n’est pas forcément un cancer !

Selon l’OMS, en 2012, le cancer du sein constituait 34,1% de l’ensemble des nouveaux cas de cancer en Afrique (847.000) avec des variations géographiques. Ce cancer était responsable d’un quart des 591.000 décès par cancer enregistré durant la même période. En Afrique au sud du Sahara, le cancer du sein est le plus fréquent de tous les cancers (15,1% des 626.000 nouveaux cas). L’incidence du cancer du sein est en constante augmentation à cause de la plus grande fréquence de ses facteurs de risque à savoir la faible parité, l’âge précoce des premières règles et une ménopause tardive, le tabagisme, le surpoids et la consommation d’alcool. Les facteurs de risque les plus importants du cancer du sein sont hormonaux mais aussi génétique tels que la présence des gènes BRCA1 et BRCA2.

Les malades souffrant de cancer du sein sont généralement des femmes adultes, de plus de quarante ans, et très rarement des hommes. En Afrique, il y a une proportion importante de femmes jeunes dans le lot des malades du cancer du sein, même si cette tendance demeure jusqu’ici inexpliquée.

Avant de traiter un cancer, il faut disposer d’un diagnostic de certitude et d’un bilan d’extension. De nombreux examens complémentaires (radiographie, échographie, élastographie, IRM, anatomopathologie, etc) aident le médecin traitant à avoir une preuve irréfutable qu’il s’agit d’un cancer et aussi à asseoir les bases de son traitement. Au terme du diagnostic et du bilan d’extension, un traitement est proposé au patient allant de la chimiothérapie à la chirurgie (ablation partielle ou totale du sein), à la radiothérapie et à l’hormonothérapie. Le traitement du cancer du sein est lourd, pénible, onéreux et parfois il n’empêche pas la récidive ou la survenue de métastases surtout lorsque le cancer est diagnostiqué à un stade avancé.

Nous vous invitons tous en ce mois d’octobre, mois de la sensibilisation contre le cancer du sein, à prendre toute la mesure de cette maladie et à vous engager à la combattre. Il ne faut pas attendre d’avoir des signes ou des symptômes pour consulter un professionnel de la santé; la meilleure protection contre le cancer du sein c’est la prévention !

Nous recommandons :

- à toutes les femmes de procéder à un auto-examen mensuel des seins (ou autopalpation des seins) et à se faire examiner les seins par un professionnel de la santé tous les 3 ans (examen clinique);

- aux femmes d’âge compris entre 40 et 49 ans, d’associer à l’auto-examen mensuel des seins, un examen clinique annuel par un professionnel de la santé et, une mammographie tous les deux ans;

- aux femmes de plus de 50 ans, un auto-examen mensuel, un examen clinique des seins et une mammographie tous les ans;

- à tous (hommes et femmes) une hygiène de vie saine en se soustrayant aux facteurs de risque évitables tels que le tabagisme, l’inactivité physique et la mauvaise alimentation;

- à tous de partager autour de nous les informations sur le cancer du sein.

Le Service médical du personnel ou tout autre professionnel de la santé peut vous apprendre à faire l’auto-examen des seins. Pratiquez-le régulièrement. Si vous découvrez un signe inhabituel (écoulement sanglant par le mamelon, rétraction ou ulcération cutanée chronique, déformation du sein, présence d’une « boule ») pas de panique, consultez rapidement votre Médecin. La plupart des « boules » dans le sein ne sont pas des cancers. Sachez que lorsqu’un cancer du sein est découvert à un stade précoce, un traitement bien adapté permet d’obtenir 100% de guérison.

Le site de l’OMS sur l’autopalpation peut aussi être visité : http://screening.iarc.fr/breastselfexamination.php

 

 

   MSAS, Ministère de la Santé et de l'Action Sociale du Sénégal