Viol, inceste et grossesses non désirées : Des associations de femmes plaident pour l’avortement médicalisé


Le Soleil : L’autorisation de l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste est toujours demandée par des organisations de la société civile sénégalaise. L’application de cette mesure permettra aux femmes violées de pouvoir se débarrasser de leur grossesse, sans courir certains risques.

L’Association des femmes médecins du Sénégal (Afems), le Réseau « Siggil jigeen » (Rsj), l’Association des juristes sénégalaises (Ajs) et Population council reposent le débat sur l’accès à l’avortement médicalisé au Sénégal. Ces associations de la société civile, regroupées dans un comité de plaidoyer pour l’avortement sécurisé, ont partagé, samedi dernier, à Dakar, une étude portant sur « l’expérience des femmes victimes de grossesses non désirées à la suite d’un viol ou d’un inceste au Sénégal ».

En présentant les résultats de cette étude, Mme Nafissatou Diop de Population council a révélé qu’en 2010 environ 3,6 % des décès maternels étaient liés à un avortement clandestin ou à risque fait de manière traditionnelle ou par un prestataire non qualifié. Une autre étude réalisée à Dakar du 15 juin au 30 août 2015 a montré que 51.500 avortements provoqués ont été enregistrés. Suffisant pour que les associations en question demandent la légalisation de l’avortement médicalisé.

Pour le Dr Seynabou Bâ Diakhaté, ancienne présidente de l’Afems, par ailleurs conseiller technique au ministère de la Santé, malgré  l’interdiction, les femmes continuent d’effectuer des avortements clandestins. « Notre plaidoyer est que les femmes victimes de viol et d’inceste et portant des grossesses non désirées puissent accéder à l’avortement sécurisé, c’est-à-dire médicalisé », a-t-elle explicité. Si non, ces femmes risquent une double peine : vivre avec le handicap du viol, être emprisonnées pour avoir effectué un avortement clandestin ou mis fin à la vie d’un enfant, a regretté Mme Diakhaté. De l’avis de Hawa Dia Thiam, députée à l’Assemblée nationale, le Sénégal a ratifié le protocole de Maputo qui autorise l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste. Selon elle, les conventions internationales prennent le dessus sur les lois nationales. Malheureusement, notre pays n’applique pas toujours la loi sur l’avortement médicalisé. Poursuivant, elle a indiqué que cette étude permet de mesurer les conséquences des avortements clandestins, surtout le traumatisme que vivent les femmes victimes de viol et d’inceste. D’après les statistiques qu’elle a exposées, 3 % des femmes incarcérées dans les prisons sénégalaises ont commis des cas d’infanticide liés aux conséquences d’un viol ou d’un inceste. Dans l’étude, les mises en cause ont déclaré n’avoir pas voulu garder un enfant issu d’un viol ou d’un inceste. « Il faut trouver une solution à ce problème de société », a lancé Nafissatou Diop de Population council.

 

 

 

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