Le Soleil : Une thérapie sera apportée aux dysfonctionnements notés dans la gestion des urgences hospitalières. C’est l’une des informations données, dans cet entretien, par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr. La recherche de réponses à ces problèmes se fera dans le consensus. Le ministre a assuré que les concertations sur les urgences prévues du 30 septembre au 2 octobre 2019 seront suivies d’un plan d’actions. Il évoque, entre autres, la spécialisation en médecine, notamment la formation des urgentistes, l’acquisition et la maintenance des équipements hospitaliers.

Monsieur le ministre, votre département s’apprête à organiser des concertations sur la gestion des urgences. Pouvez-vous revenir sur les motivations qui ont guidé cette initiative ?

La santé occupe une place importante dans la politique du président de la République, son excellence M. Macky Sall. Cette volonté politique est affirmée dans l’axe II du Plan Sénégal émergent réservé à la santé et à l’action sociale. Notre ambition, c’est de rendre la santé accessible. Pour être plus explicite, je veux parler de l’accessibilité géographique et financière. Mais d’une manière plus large, nous visons une santé de qualité. Nous avons constaté, par rapport à l’objectif de couverture universelle, qu’il y a des problèmes dans la prise en charge des urgences. Il est donc important pour nous de prendre conscience de cela et d’amener l’ensemble des acteurs du système à examiner la problématique des urgences. Nous allons aborder les urgences de manière concertée. Après nous allons élaborer un plan de résolution des dysfonctionnements des urgences. La résolution de cette problématique a été l’initiative de la plus haute autorité, le Président de la République Macky Sall. Il avait demandé, en Conseil des ministres, au ministre de la Santé et de l’Action sociale de préparer des concertations nationales pour adresser la question des urgences, entre autres, et surtout proposer des solutions. En conséquence, cette grande rencontre se tiendra la semaine prochaine et sera sanctionnée par un plan concerté et participatif visant à résoudre les dysfonctionnements notés en matière de gestion des urgences.

Peut-on s’attendre à l’amélioration des prestations dans les services d’urgences des hôpitaux ?

La première chose que nous attendons de cette grande conférence, c’est que tous les acteurs participent. C’est ainsi que nous pouvons avoir une bonne dynamique. C’est aussi par ce procédé que nous pouvons avoir un plan d’actions concerté. Le deuxième objectif, c’est de faire en sorte que toutes les actions qui seront dans le plan de résolution des dysfonctionnements des urgences soient orientées vers la satisfaction du patient. Nous voulons aussi avoir une bonne démarche de communication pour évacuer les mauvaises perceptions. Nous attendons un plan de mise à niveau du dispositif des urgences dans les structures hospitalières. Nous avons fait des avancées en matière de gestion des urgences. L’un des acquis : 76 % des hôpitaux disposent de services d’urgences. En 2012, le Sénégal a acheté plus de 400 ambulances pour prendre en charge les urgences. En plus de cela, le Samu national a fini de prouver ses compétences en la matière. Mais il reste aussi des choses à faire. C’est pour cela qu’à l’issue de ces concertations, nous aurons un plan de mise à niveau couplé au renforcement de l’existant.
Nous avons l’impression que seules les urgences de l’Hôpital Principal fonctionnent de manière optimale…

Je disais tantôt que 76 % des hôpitaux disposent de services d’urgences. C’est vrai que nous avons un excellent dispositif des urgences à Principal et aussi à l’Hôpital général de Grand Yoff. Pour nous, il est important d’harmoniser les dispositifs. Nous devons faire en sorte que le label qualité de Principal soit partout dans les autres hôpitaux. Je pense que les concertations permettront d’arriver à une harmonisation des standards des services d’urgences dans toutes les structures hospitalières. Nous devons absolument faire en sorte que nous ayons la même qualité d’intervention dans les structures de référence. J’attends des acteurs qui vont réfléchir durant les trois jours de trouver des réponses aux dysfonctionnements.

Un déficit de ressources humaines est noté dans les services d’urgences. Est-ce que votre département va soutenir davantage la formation des urgentistes ?

Je tiens à souligner que toutes les demandes de spécialisation ont été prises en charge. La spécialisation est une priorité pour notre département. Nous lançons un appel à toutes les universités de continuer à outiller davantage le système par la formation des urgentistes et des ressources humaines capables de prendre en charge les urgences.

Quelle place sera réservée au Service d’assistance médicale et d’urgence (Samu) dans votre nouvelle feuille de route de gestion des urgences ?

Le Samu national est le maître d’œuvre de la gestion des urgences au niveau national. C’est l’instance nationale de coordination des urgences. La problématique des urgences ne doit pas être perçue de manière cloisonnée. Il doit y avoir une instance de régulation et de coordination nationale des urgences, de surveillance et d’évaluation. Et c’est le Samu national qui doit jouer ce rôle. Je dois profiter de l’occasion pour féliciter le Pr Bèye (directeur du Samu national, Ndlr) qui fait un travail remarquable depuis quelques années. Les bons résultats du Samu ne sont pas très bien connus du grand public. Il y a là un travail de communication à faire ; j’en suis persuadé. Après les concertations, nous aurons un instrument plus assumé de coordination nationale de gestion des urgences au Sénégal.

Peut-on donc s’attendre à la mise en œuvre de toutes les recommandations qui seront issues de ces concertations ?

Nous attendons la participation de tous les acteurs et aussi l’harmonisation des positions. Il en est de même de l’appropriation des recommandations par tous les acteurs. Nous aurons une feuille de route qui sera une boussole pour régler de manière durable les dysfonctionnements.

Des malades déplorent l’accueil dans les structures sanitaires. Est-ce que votre département compte apporter des changements durables ?

Lorsqu’on aborde les urgences pour en faire un sujet de concertations nationales, nous ne pouvons pas ne pas parler de l’accueil. Celui-ci est la dimension importante des urgences. Il y aura une thématique réservée à l’accueil. Nous devons reconnaître que beaucoup de Sénégalais ne sont pas satisfaits de l’accueil. C’est aussi une question qu’il faudra résoudre.

La maintenance reste un maillon faible du système sanitaire. Aujourd’hui, il y a une fréquence des pannes d’appareils. Comment faire pour y remédier ?

Je crois que le triangle d’or du système de santé, ce sont des ressources humaines de qualité, le plateau technique et de bons médicaments. Nous pouvons faire un bond qualitatif si nous maîtrisons ces trois paramètres. Parlant du plateau technique, nous avons demandé aux structures de santé de veiller à la bonne qualité des équipements et aussi à leur maintenance. C’est pour tout cela que nous avons fixé l’objectif zéro panne. Cet objectif reposera sur deux leviers essentiels.
Il s’agit de la systématisation des contrats de maintenance et de l’affectation d’au moins 10 % du budget pour la maintenance et l’entretien. La société qui vous vend un scanner l’accompagne d’un délai de garantie. Après cette période, il faut s’appuyer sur le contrat de performance et aussi utiliser le budget afférent pour gérer l’entretien et la maintenance. Lorsque nous parlons de zéro panne, c’est un objectif que nous visons. Nous savons qu’une machine peut tomber en panne à tout moment.
On a dénombré une dizaine de laboratoires qui ne fonctionnent pas à Dakar. Ce n’est pas trop pour un système sanitaire qui veut s’inscrire dans l’amélioration de ses performances ?

Je crois, à ce niveau, qu’il y a des précisions à apporter. Je dois d’abord apprécier le travail du gouverneur de Dakar. Il collabore avec l’ensemble des services régionaux de santé. Je dois également dire pour ce qui est de la supposée augmentation de la mortalité maternelle, c’est la part de l’évolution de la mortalité néonatale dans la mortalité infanto-juvénile. C’est la proportion dans la mortalité infantile qui a évolué. Donc il y a là une erreur dans l’interprétation de ces statistiques. Pour les blocs opératoires, c’est vrai que c’est un dispositif nécessaire pour la prise en charge des demandes en soins néonatals. Il faut faire la différence et l’estimation des besoins en blocs et le nombre réel. Lorsqu’une personne souhaite l’ouverture d’un bloc pour les Soins obstétricaux et néonatals d’urgence (Sonu) à Mariste ou dans un autre quartier, elle ne fait qu’exprimer un souhait. Or la carte sanitaire est bien structurée. Il y a aussi des priorités. Aujourd’hui, nous avons les maternités de l’Hôpital Le Dantec et de la Polyclinique de la Médina qui sont fonctionnelles. Elles ont augmenté leur capacité de prise en charge. Tout de même nous devons avoir des structures de proximité, en plus des maternités de Philipe Maguilène Senghor, Nabil Choucair, Abdoul Aziz Sy Dabakh, entre autres. Nous avons besoin des blocs Sonu de proximité. Nous sommes en train de travailler pour mettre en place ce dispositif.

Pourquoi n’avez-vous pas encore procédé à l’inauguration de la maternité de l’Hôpital Aristide Le Dantec ?

La maternité est fonctionnelle depuis plusieurs mois. L’inauguration est importante parce qu’étant un acte de reconnaissance officielle. Nous allons certainement le faire dans les mois à venir. Notre souhait, c’est que le président de la République l’inaugure. Aujourd’hui, ce qui est plus important, c’est qu’elle soit fonctionnelle et que les agents abattent un excellent travail. Si vous faites un tour dans cette maternité, vous allez vous rendre compte que c’est une infrastructure d’un autre standing.
us avez annoncé la gratuité de la chimiothérapie pour les cancers du sein et du col de l’utérus. Est-ce que votre département a mesuré les charges à long terme ?
Je voudrais à ce niveau me réjouir de l’intérêt que le chef de l’Etat, son excellence Macky Sall, accorde aux maladies chroniques de manière générale et particulièrement les cancers qui affectent les femmes. Nous avons reçu des instructions visant à soulager des femmes. C’est dans cette logique que le président de la République nous a demandé de rendre gratuite la chimiothérapie pour les cancers du sein et du col de l’utérus à partir du 1er octobre. Nous sommes conscients que cela a un coût. Mais si vous regardez le nombre de femmes que nous soulageons, c’est minime par rapport aux dépenses engagées par l’Etat. Cependant nous devons nous organiser et bien gérer pour que cette gratuité soit prise. Mais il est aussi important pour nous de réduire les charges dans les années à venir.

De manière plus large, est-ce que les initiatives de gratuité au Sénégal ont produit les effets escomptés ?

Les initiatives de gratuité ont produit d’excellents résultats dans le secteur de la santé. La gratuité de la césarienne nous a beaucoup aidés à réduire le taux de mortalité maternelle dans le pays. Nous attendons l’enquête EDS 2019, mais je peux dire que le Sénégal a enregistré de bons résultats dans la lutte contre la mortalité maternelle. Cette baisse de la mortalité est liée à la gratuité de la césarienne. En outre, nous pouvons aussi associer la baisse de la mortalité néonatale et infantile des enfants âgés de zéro à 5 ans à la gratuité de leur prise en charge médicale. Le plan sésame a aussi produit des impacts en termes d’augmentation de l’espérance de vie. Nous avons aussi un bon feed-back des personnes souffrant d’insuffisance rénale. Sur ce point, le Sénégal est très avancé dans le processus de la transplantation rénale. Un comité est déjà mis en place. En résumé les initiatives de gratuité ont apporté de bons résultats. La satisfaction est réelle. Toutefois, lorsque vous les analysez à la lumière de la dette, vous allez avoir une autre impression. Par conséquent, nous devons faire l’effort d’appréciation de la satisfaction du patient sans tenir compte du souci de l’équilibre financier de la structure. Ce sont deux choses différentes. D’ailleurs, pour la gestion des incidences financières, le chef de l’Etat vient de prendre une mesure révolutionnaire. Il a dissocié l’offre de la demande. L’objectif est de faire en sorte que l’offre en matière d’initiatives de gratuité ne soit pas gérée par la même structure que celle qui gère la demande.
Aujourd’hui, le ministère de la Santé offre les services de santé aux patients et le ministère du Développement communautaire, de l’Equité sociale et territoriale s’occupe de la demande. L’une des politiques les plus révolutionnaires et intéressantes pour les populations sénégalaises et qui donnent une satisfaction remaquable, ce sont des initiatives de gratuité. Cette politique est appréciée à travers le monde.

Il y a beaucoup de gratuités dans le système sanitaire, alors que le budget de la Santé ne représente pas encore 10 % du budget national. Est-ce que c’est viable ?

La recommandation d’Abuja est un objectif. Nous travaillons pour l’atteindre. Le budget du ministère de la Santé en 2012 était de 120 milliards de FCfa. En 2019, il a atteint 200 milliards de nos francs. De 2012 à 2019, le budget du ministère de la Santé a considérablement augmenté. Cela démontre qu’il y a une volonté ferme du Président Macky Sall à renforcer les moyens du secteur. Nous travaillerons à augmenter le budget afin satisfaire les besoins des Sénégalais en matière d’accès aux soins.
Le bateau Merçy Ships est arrivé à Dakar en août dernier. Pouvez-vous nous faire le point sur la prise en charge des patients ?

Les choses se déroulent très bien. J’ai fait une tournée d’évaluation avant-hier. Mes constats sont rassurants. Déjà 71 patients ont été opérés. Les autres sont en attente de l’être. Sur le terrain, le travail de sélection des patients se poursuit. Dans l’ensemble tout se passe bien. Je rappelle que le bateau séjourne au Sénégal pour une période de 10 mois où il prendra en charge beaucoup de patients.

Pouvez-vous faire le point sur la construction des hôpitaux de Kaffrine, de Kédougou, de Sédhiou et de Touba ?

Le chef de l’Etat avait pris la décision de construire quatre hôpitaux à l’intérieur du pays. Je crois que c’est la première fois, dans l’histoire de notre pays, qu’un gouvernement réalise en même temps quatre hôpitaux. Il s’agit des hôpitaux de Sédhiou, de Kaffrine, de Kédougou et de Touba. Les travaux se déroulent dans de très bonnes conditions. Le taux d’avancement est correct conformément au planning de départ. Avant la fin 2020, ces hôpitaux seront en phase terminale. J’ai visité l’hôpital de Sédhiou il n’y a pas longtemps. J’ai constaté que nous sommes à un niveau d’avancement des travaux qui avoisine les 75%. La tendance est bonne. Mais, il ne faut pas dormir sur nos lauriers. Nous continuerons à être vigilants en matière de suivi. Notre souci, c’est d’améliorer la prise en charge médicale des malades.

Les accidents de la circulation sont fréquents. Est-ce qu’il est prévu l’ouverture de centres de traumatologie à l’intérieur du pays ?

Le taux d’accident de la circulation au Sénégal a ému tout le monde. Nous sommes tous conscients qu’il y a un travail multisectoriel à faire à ce niveau. Pour ce qui concerne la santé, le chef de l’Etat a présenté à son niveau un plan pour prouver que les structures de santé qui sont dans les zones accidentelles soient capables de prendre en charge des urgences dues aux accidents. Je crois que pendant la concertation des urgences, il y aura un petit groupe qui travaillera sur un document que nous allons soumettre au chef de l’Etat pour proposer un dispositif pour la mise à niveau des structures qui sont dans les axes accidentogènes du pays. Le ministère de la Santé est conscient qu’au niveau régional nous devons faire tout ce qu’il faut pour qu’il y ait une prise en charge correcte au moment des accidents de la circulation. Cependant, il faut noter qu’il y a beaucoup de structures de santé qui ont commenté à travailler sur la prise en charge des urgences en s’appuyant sur les centres de traumatologie interne à chaque hôpital.

Il y a un manque de spécialistes comme des gynécologues dans les régions. Ne faudrait-il pas motiver davantage ces spécialistes à rester à l’intérieur du pays ?

Nous devons régler cette question de manière définitive. Je suis de ceux qui pensent que les spécialistes qui acceptent d’aller dans les zones difficiles doivent être motivés à la dimension des contraintes de leur lieu de travail. Le ministère de la Santé a mis en place une commission. Elle se penchera en octobre et décembre sur un plan de résorption des spécialistes dans des zones déficitaires et d’une manière générale des ressources humaines. Nous pensons que la motivation doit être conséquente afin d’encourager des spécialistes d’aller dans ces zones difficiles. Nous attendons les travaux de la commission pour mettre en œuvre leurs recommandations.

Est-ce que, dans les prochaines années, on peut s’attendre à l’augmentation des sages-femmes, infirmiers et autres personnels de santé dans les régions ?

Nous devons remercier le chef de l’Etat qui a compris très tôt que la résorption du gap de spécialistes de la santé doit se faire au Sénégal de manière rapide. C’est pour cette raison que la bourse de spécialisation a été multipliée par deux. Elle est passée de 150 000 FCfa à 300 000 FCfa. Cette année nous avons constaté que beaucoup de médecins se sont intéressés à la spécialisation parce que nous avons reçu beaucoup de demandes. Mais au niveau paramédical en termes de sages-femmes et d’infirmiers, nous travaillons à faire en sorte que le binôme sage-femme et infirmier existe partout au Sénégal en tenant compte de la carte sanitaire. L’objectif, c’est de faire en sorte que, dans toutes les structures de santé du Sénégal, notamment dans chaque poste de santé, nous puissions avoir le binôme sage-femme et infirmier. Il faut faire en sorte que tous les centres de santé puissent avoir un médecin quelle que soit la position géographique de la structure sanitaire. C’est notre objectif. Il faut y travailler avec une planification rationnelle en impliquant tous les acteurs de la santé et des partenaires.

Une accalmie a été notée ces derniers mois dans le secteur de la santé. Est-ce que cela veut dire que les partenaires sociaux adhèrent à votre façon de faire ?

Nous prions pour que cette accalmie soit consolidée au bonheur de tous les acteurs du système. Nous travaillons avec les partenaires sociaux dans le respect mutuel. Je les remercie parce que ce sont gens qui privilégient l’intérêt du secteur. En tout cas ma porte est grandement ouverte pour que nous examinions toutes les questions en apportant des solutions ensemble.

Nous avons beaucoup parlé du curatif et moins du volet préventif. Est-ce que vous pouvez nous parler de votre politique préventive, parce que la bataille contre certaines maladies se gagnera sur le terrain du préventif ?

Je pense qu’aujourd’hui, il faut repositionner la prévention dans la stratégie du système de santé. C’est ce que le président de la République nous a demandé. Le Sneips (Service national de l’éducation et de l’information pour la santé, Ndlr) doit s’orienter vers cela.
Il ne doit pas être là pour couvrir les déplacements du ministre. Au contraire, ce service doit impacter sur le comportement social des Sénégalais. D’autres directions du ministère doivent faire la même chose. Je suis d’accord sur le fait que la dimension prévention est extrêmement importante. Nous allons mettre tout cela en œuvre pour permettre d’être en bonne santé.