Mesdames et Messieurs les Ministres chargés de la Santé des Etats membres de la Région africaine de l’Organisation Mondiale de la Santé,

Monsieur le Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé,

Madame la Directrice régionale de l’Organisation Mondiale de la Santé,

Monsieur le Président de la soixante septième session du Comité Régional,

Mesdames et Messieurs les représentants des Organisations internationales,

Mesdames et Messieurs les Délégués,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs, 

Je souhaite d’abord, au nom du peuple sénégalais la bienvenue à toutes les délégations de cette soixante huitième session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique. 

Le Sénégal, fidèle à sa tradition d’hospitalité, valeur essentielle fortement partagée en terre africaine, s’honore d’accueillir cette prestigieuse rencontre de la communauté africaine de la Santé. 

A Dakar, vous êtes chez vous car dans tout le Sénégal, pays de la Teranga, ceux qui viennent sont toujours chez eux. 

Mesdames et Messieurs,

Je ne reviendrais pas sur la situation épidémiologique de notre continent, si justement décrite par Madame la Directrice Régionale de l’OMS Afrique.

Je saisis l’occasion pour vous féliciter et vous encourager, Docteur MOETI, pour votre engagement et les efforts inlassables que vous mmenez à la tête de la Région Afrique. 

Dans le domaine de la santé, les Etats africains mettent en place des stratégies et investissent d’importants moyens pour améliorer la santé et le bien-être de nos populations.

Ainsi, beaucoup de progrès ont été faits par nos pays dans la lutte contre les maladies infectieuses, notamment le VIH/sida, le Paludisme, la Tuberculose, la Rougeole.

Si ces progrès ont été possibles, c’est grâce aux efforts internes, d’abord, mais aussi grâce à l’appui de nos partenaires techniques et financiers. 

Saluons ensemble nos performances sans toutefois perdre de vue que les maladies non transmissibles sont devenues une préoccupation majeure pour nos Etats. 

Au Sénégal comme dans la plupart de nos pays, elles sont la première cause de morbidité. Par conséquent, nous devons mettre l’accent sur la prévention, par le contrôle des facteurs de risque, moyen le plus efficace pour lutter contre ces maladies. L’échange d’expériences, pour nous inspirer des bonnes pratiques, est également un moyen d’accentuer les résultats de notre effort commun pour la bonne santé des populations. 

La progression rapide des maladies non transmissibles ainsi que les récentes épidémies révèlent la vulnérabilité de nos systèmes de santé. 

Les conséquences sur nos programmes de développement économique et social sont souvent très néfastes. Nous le percevons dans certains Etats qui aujourd’hui sont durement éprouvés. Mais, c’est le continent africain dans son ensemble qui en souffre. 

Dès lors, le renforcement de nos capacités de surveillance épidémiologique, de détection précoce et de riposte aux urgences sanitaires s’impose. L’OMS joue à ce titre un rôle déterminant en assurant la coordination. 

Il importe également de renforcer la collaboration entre nos pays pour faire face plus efficacement à ces épidémies. L’Agenda 2063 de l’Union Africaine nous invite à l’intégration effective, car la conviction est de plus en plus partagée que l’intégration est la vocation naturelle des peuples pour un développement sécurisé et harmonieux.

Pour atteindre un tel objectif, nous devons, à l’échelle régionale, identifier, évaluer et communiquer les menaces actuelles et futures sur la santé humaine, du fait des maladies à potentiel épidémique et pandémique, et préparer la riposte

Le Centre africain de Contrôle et de Prévention des Maladies que les Chefs d’Etat de l’UA avaient recommandé depuis 2015 et qui a démarré ses activités en janvier 2017, est là pour répondre à cette préoccupation.  Il doit impérativement réunir les conditions pour soustraire des millions d’africains aux épidémies de choléra, de méningite, de rougeole, de fièvre de Lassa, de dengue, de fièvre jaune, de la maladie à virus Ebola, etc. 

Mesdames et Messieurs, 

La santé est un enjeu stratégique de développement pour tout Etat qui aspire au progrès social et économique. Elle n’est pas un investissement à fonds perdus. Elle est un facteur de performance économique et de développement.

C’est la raison pour laquelle nous devons investir davantage de ressources dans la mise en place d’infrastructures et d’équipements adaptés et de qualité.

Mais, l’investissement majeur devra être orienté vers le capital humain : nos systèmes de santé continueront d’être fragiles si nous ne renforçons pas nos ressources humaines et ne les formons pas dans les domaines les plus pointus.

En outre, nous devons nous engager encore plus dans une gouvernance sanitaire capable de garantir notamment la transparence, l’équité et la participation des communautés.

Enfin, à l’ère du numérique, le développement de l’E-santé doit être une priorité pour nos Etats, en vue de répondre aux préoccupations des populations, notamment celles installées dans des zones difficiles d’accès.

Voilà quelques défis majeurs que le continent doit relever pour parvenir à une couverture sanitaire universelle.

 Mesdames et Messieurs,

« La santé pour tous doit être le centre de gravité des efforts menés pour atteindre l’ensemble des Objectifs de Développement Durable, car la bonne santé des individus est profitable à leur famille, leur communauté et leurs pays ».

Je viens de citer Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, un éminent fils du continent, Directeur Général de l’OMS.

Monsieur le Directeur Général,

Je vous félicite et vous encourage fortement, tout en vous exprimant mon immense fierté. Je voudrais vous assurer de mon soutien sans réserve dans l’exaltante mission que vous conduisez avec beaucoup d’enthousiasme.  

Je vous remercie également, et avec vous tous les acteurs du système international de santé pour le choix du thème du 70ème anniversaire de l’OMS qui porte sur la « Couverture sanitaire universelle ». 

Le Sénégal s’est engagé dans cette dynamique dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent dont le volet Santé occupe une place importante. En effet, j’ai fait de la santé une de mes priorités. C’est la raison pour laquelle j’ai engagé le Gouvernement dans divers programmes destinés à améliorer notre offre de santé, à travers notamment la réalisation de nouvelles infrastructures de santé et leur équipement.

Sur les ressources humaines, un important effort a été fait notamment pour doter les structures sanitaires de base d’un personnel qualifié. Ainsi, le 17 novembre 2017, à l’occasion du forum national de mobilisation des ressources pour la couverture sanitaire universelle que j’avais présidé ici-même, j’avais pris la décision de doubler la bourse de spécialisation pour les médecins pour disposer encore plus de spécialistes en vue de satisfaire les besoins en dehors de la capitale. Cette mesure est maintenant effective.

Par ailleurs, en 2015, nous avons mis en place une Agence de Couverture Maladie universelle (CMU) qui a permis d’améliorer considérablement l’accessibilité financière des populations aux soins de santé.

Nous sommes conscients qu’au Sénégal comme dans beaucoup d’autres pays africains, les ressources domestiques ne suffiront pas à assurer le financement durable de la Couverture sanitaire universelle.

Nous portons donc le plaidoyer auprès de nos partenaires techniques et financiers pour qu’ils continuent à accompagner nos Etats dans ce processus d’amélioration de l’accès de nos populations à des soins de qualité. 

Mesdames et Messieurs

Je saisis cette opportunité pour saluer, ici, la qualité et la quantité des actions entreprises de même que les différents résultats obtenus par l’OMS, en tant qu’Institution de santé, dans le domaine de la lutte contre la maladie.

Les réussites obtenues sont, de mon point de vue, le fruit d’une détermination de l’équipe dirigeante et du personnel de l’institution, mais aussi d’un engagement des pays et des partenaires sur les questions de santé qui préoccupent. 

Mesdames, Messieurs,

Cette session est un cadre approprié d’échanges et de prise d’engagements et de décisions. Notre continent attend beaucoup de cette rencontre. Ainsi, j’invite tous les Délégués à des échanges riches et positifs, chacun fournissant à l’autre ce qu’il a de meilleur en termes de connaissances et de vécus, au grand bénéfice de nos systèmes de santé. 

Avant de terminer, je voudrais réitérer mes mots de remerciement à l’endroit de l’OMS qui a choisi notre pays pour accueillir cette session du Comité Régional. Ces remerciements s’adressent aussi à tous nos partenaires pour leur accompagnement que je souhaite voir se renforcer davantage, afin de donner plus d’espoir aux millions d’Africains qui ne peuvent pas encore accéder aux interventions dont elles ont besoin au moment le plus approprié.

Je voudrais aussi féliciter le Ministre de la Santé et de l’Action sociale, Monsieur Abdoulaye Diouf SARR, et la Représentation de l’OMS au Sénégal pour la parfaite organisation de cette cérémonie. Je souhaite la bienvenue au Docteur Lucile IMBOUA, nouveau représentant résident de l’OMS au Sénégal.

Ainsi, je déclare ouverte la 68ème session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique et souhaite pleins succès à vos travaux.

Je vous remercie de votre aimable attention.