La lutte contre le paludisme retient une attention particulière des pouvoirs publics déterminés à éradiquer la maladie dans un futur très proche. Ce combat se matérialise par les énormes efforts consentis par l’Etat du Sénégal. Car, comme l’a souligné le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), le Dr Doudou Sène, l’Etat va injecter 60 milliards sur trois ans.

A Saly, où il était venu représenter le ministre de la Santé et de l’Action sociale à la manifestation organisée par le mouvement « Geum sama gokh » dirigé par Néné Seydi, le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) a souligné que l’Etat va injecter 60 milliards de FCfa dans la lutte contre la maladie dans les trois prochaines années. « Pour faire reculer le paludisme, plusieurs stratégies ont été menées pendant des dizaines d’années. Et je voudrais rappeler, ici, que l’Etat met au moins 20 milliards de FCfa par année dans la lutte contre le paludisme. Au total, 60 milliards de FCfa pour les trois prochaines années pour pouvoir réussir l’élimination du paludisme au Sénégal », a déclaré le Dr Doudou Sène.

Selon lui, le combat contre cette maladie porte ses effets à l’échelle nationale puisqu’actuellement il est presque cantonné dans certaines zones, particulièrement Tambacounda, Kédougou, Kolda, mais également dans la zone centre, au niveau de la région de Diourbel et celle de Kaolack. Il a ajouté que dans certaines régions, « quelques cas sont recensés, notamment dans la région de Thiès qui, de façon globale, se situe dans la zone verte. Et quand on parle de « zone verte », c’est des localités où l’on a moins de cinq cas pour mille habitants. La même situation prévaut dans les régions de Matam, Saint-Louis et Louga ». Le Dr Sène a renseigné que le Sénégal a eu un recul global du taux de prévalence parasitaire qui se situe à 0,3 % pour l’ensemble du territoire national. « Donc, on peut espérer, d’ici à 2030, qui est l’échéance, que l’élimination du paludisme au Sénégal puisse être atteinte ».

Pour cela, il a invité à maintenir les acquis en adoptant des comportements responsables, en particulier l’utilisation des moustiquaires imprégnées. « Le seul message que nous voulons lancer, c’est l’utilisation de la moustiquaire imprégnée. C’est l’arme la plus absolue pour se protéger contre le paludisme », a dit M. Sène. « L’autre aspect de la lutte a trait à l’approche de l’hivernage. Pour tout cas de fièvre qui se présente, nous devons faire en sorte d’accéder le plus rapidement possible aux structures de santé pour les traiter. C’est cela qui évitera la propagation de la maladie et les décès », a-t-il assuré. Le coordonnateur du Pnlp a profité de son séjour à Saly pour remettre un lot de 500 moustiquaires à l’association « Geum sama gokh ». Ces dernières sont à distribuer aux riverains. Mais, a-t-il ajouté, les moustiquaires seront disponibles en quantité suffisante au niveau du district sanitaire et sur toute l’étendue du territoire national, notamment pour les femmes enceintes et les enfants âgés de 0 à 5 ans.